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L'actualité du 23 juillet 2020

24/07/2020

L'actualité du 23 juillet en 4 points

1. L'Europe renaît de ses cendres

Un vent nouveau souffle en Euroland ! Les principaux bénéficiaires que sont l’Italie et l’Espagne peuvent festoyer ! A l’issue d’un sommet dont la prolongation de quelques jours laissait déjà penser qu’un dénouement heureux se rapprochait, les dirigeants européens ont annoncé s’être entendu sur un plan de relance historique à bien des égards. Le bien nommé Next Generation EU nourrit en effet les espoirs les plus fous quant à une intégration européenne plus poussée et surtout l’émergence d’une forme de gouvernance globale susceptible de favoriser la solidarité entre ses membres. Bien sûr, la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne revenait déjà à une forme de mutualisation. Il est pour autant symbolique de voir un plan de relance financé par une émission de dette commune. Avant de nous plonger dans les détails de ce plan, un chiffre suffit à lui seul à jauger l’ampleur des mesures si âprement négociées : Next Generation EU pèserait en effet au bas mot 4,7% du PIB de l’Union Européenne. Combiné aux 540 milliards d’euros déjà débloqués cette année pour financer le chômage partiel et autres dépenses de santé, le soutien budgétaire de l’UE attend le seuil stratosphérique de 8% du PIB ! Additionné aux mesures nationales, la réponse des institutions européenne rivalise donc avec la force de frappe américaine ce qui est déjà en soit historique. Surtout, la rapidité de la réponse monétaire et désormais budgétaire témoigne d’un virage majeur tant celles-ci s’étaient fait attendre dans les précédentes crises. Rappelons ainsi à titre d’exemple que le Quantitative Easing européen avait ainsi été mis en place près de 3 ans après le début de la crise des dettes souveraines.

Bien sûr, les esprits chagrins pourront noter une relative déception sur sa composition : les subventions directes ne seront finalement « que » de 390 milliards d’euros, soit légèrement en deçà des 500 milliards initialement proposés initialement. Les concessions accordées aux Etats « frugaux » (l'Autriche, le Danemark, les Pays-Bas et la Suède) permettront à chacun d’adopter une posture de vainqueur dès le premier pied posé sur le territoire national. Le montant des subventions reste ainsi largement supérieur à celui des prêts. Quiconque se rappelle du droit de veto de chaque membre si pénalisant en temps de crise (chaque décision nécessitait l’unanimité des 27 membres) soulignera avant tout un autre point : les programmes devront bien être approuvés par le Conseil, mais seulement à la majorité qualifiée, au grand dam des Pays-Bas. Historique !

2. Et maintenant ?

Les Etats membres de l’Union Européenne, et notamment ceux du Sud, vont désormais devoir plancher sur des cahiers de vacances bien particuliers. Ceux-ci doivent en effet désormais préparer des programmes nationaux de relance avant de les soumettre à la Commission Européenne. Charge à celle-ci de contrôler ensuite le bien fondé des programmes présentés dans les deux mois qui suivent. L’idée est ainsi de garantir un impact sur la croissance potentielle et de répondre au défi majeur de nos économies : la sauvegarde de l’emploi. Certains ont déjà quelques idées. Comme nous avions pu l’évoquer dans nos précédents billets, l’objectif est bien d’utiliser également ces fonds pour favoriser la transition écologique. Signe supplémentaire de la volonté européenne de frapper vite et fort, les sommes dépensées en subventions seront distribuées sur les 3 années à venir ! Les prêts pourront quant à eux être sollicités jusqu’en 2026 pour un remboursement possible jusqu’en 2058 ! Comment toute cette manne sera-t-elle à terme financée ? Une taxe sur les plastiques non recyclés verra le jour dès le début de l’année prochaine alors qu’une taxe carbone devrait quant à elle être mise en place avant 2023 et que l’impôt des entreprises numériques revient pour une énième fois sur le devant de la scène.

3. Un vent nouveau souffle aussi aux Etats-Unis

Mais cette fois-ci sous la forme de violentes bourrasques sur le visage de Donald Trump ! Plus que fragilisé par la crise sanitaire, le président-candidat a opéré un virage stratégique notable dans sa communication ces derniers jours. Faut-il y voir la patte de son nouveau directeur de campagne Bill Stepien ? Le postulat de départ, qui consistait à minimiser la crise, a en tout état de cause fait long feu. Suffisant pour enrayer une dynamique électorale défavorable ? Rien n’est moins sûr. Si l’inénarrable Donald Trump a donc admis l’ampleur de la crise sanitaire, fait volte-face autour de la nécessité de porter le masque et passé commande pour 1.95 milliards de dollars pour le vaccin candidat de Pfizer/Biontech, c’est sur un autre terrain qu’il devra tenter de redorer son blason. Le locataire de la Maison Blanche faisait état jusqu’au Covid-19 d’un bilan économique favorable. Justement, les discussions autour du maintien de mesures de soutien budgétaire fortes fait débat aux Etats-Unis. Plus exactement, des divergences importantes continuent de perdurer entre les camps démocrate et républicain. Il parait déjà admis que les ménages recevront un nouveau chèque de soutien à la consommation, et que les mesures d’aides aux petites entreprises qui devraient expirer début août seront prolongées. Il resterait à s’entendre sur le volume global du plan de relance (les républicains souhaitent un plan de 1.000 milliards de dollars quand les démocrates en voudraient 3.000 milliards) et sur le maintien des allocations chômage qui devaient disparaître à la fin du mois. A suivre...

4. Rebond du climat des affaires en France

Et parce qu’une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, la publication de l’indicateur synthétique du climat des affaires en France est parue une nouvelle fois en hausse pour le mois de juin, confirmant le rebond observé sur le mois de mai. Si le niveau de cet indicateur qui combine les secteurs manufacturiers, les services, le bâtiment et les activités de commerce reste toujours en deçà de sa moyenne de long terme, la poursuite du rebond confirme la reprise d’activité entamée depuis le début du déconfinement ainsi que le retour progressif d’une certaine visibilité pour l’économie du pays.

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Crédit image : Dessin de Jean Plantureux, dit Plantu, dessinateur de presse français
Sources : WiseAM, Sud Ouest, Les Echos, Libération, Ouest France, Consilium Europea, Le Point, L'Agefi, Toute l'Europe, Le Vif, Investir.ch, Le Monde, RFI, Capital, L'Opinion, Le Figaro, RTL, Le Parisien, Zone Bourse
Achevé de rédiger le 23/07/2020




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